Partir SereinLe voyage après 50 ans, en toute confiance

Santé & Assurance

Voyager avec ses médicaments en avion : règles, pays stricts et bons réflexes

Par la rédaction Partir Serein · Mis à jour le 17 juillet 2026 · 7 min de lecture

Vous pouvez emporter vos médicaments en avion, en cabine et sans limite de quantité liquide, à deux conditions : qu'ils soient accompagnés d'une ordonnance à votre nom, idéalement rédigée en DCI (dénomination commune internationale), et que la quantité corresponde à la durée du voyage. C'est la règle générale en France et dans la plupart des pays — mais certaines destinations, comme le Japon, Singapour ou les Émirats arabes unis, ajoutent leurs propres restrictions qu'il faut anticiper plusieurs semaines avant le départ.

Après 60 ans, on voyage plus souvent avec un traitement au long cours : antihypertenseurs, anticoagulants, insuline, traitements hormonaux ou antidouleurs. Ce guide passe en revue les documents à préparer, les quantités autorisées, les pays qui exigent des formalités particulières, la conservation des médicaments sensibles et la composition d'une trousse adaptée.

L'ordonnance en DCI : votre document le plus important

La DCI est le nom international de la molécule : « paracétamol » au lieu de Doliprane, « bisoprolol » au lieu de la marque commercialisée en France. Une ordonnance en DCI, datée et à votre nom, sert trois fois pendant le voyage :

  • au contrôle de sûreté, pour justifier les liquides et les seringues en cabine ;
  • à la douane du pays d'arrivée, pour prouver l'usage personnel ;
  • en pharmacie sur place, pour obtenir un équivalent en cas de perte ou de prolongation.

Demandez à votre médecin d'y faire figurer la DCI, le dosage, la posologie et la durée du traitement. Pour les destinations hors d'Europe, une version en anglais (ou un certificat médical bilingue) simplifie tout. Prévoyez une copie papier dans chaque bagage et une copie numérique dans votre téléphone et votre boîte mail.

Cas particulier des traitements dits « stupéfiants » (morphiniques, certains antidouleurs) en Europe : pour circuler dans l'espace Schengen, une autorisation de transport délivrée via l'ANSM sur présentation de l'ordonnance est requise, valable 30 jours. Hors Schengen, c'est l'ambassade du pays de destination qui renseigne.

Cabine ou soute ? Quantités et répartition

La règle d'or : le traitement vital voyage en cabine, jamais uniquement en soute. Une valise peut être retardée trois jours ; votre anticoagulant, non. La soute présente en plus un risque de gel pour les médicaments sensibles.

Côté quantités, la plupart des pays admettent sans formalité une quantité correspondant à la durée du séjour, souvent plafonnée à 1 à 3 mois de traitement personnel selon les législations. Trois réflexes :

  1. Emportez la durée du séjour plus 1 à 2 semaines de marge (vol annulé, prolongation, comprimés perdus).
  2. Gardez les médicaments dans leurs boîtes d'origine avec la notice : un pilulier anonyme se justifie mal en douane.
  3. Si vous voyagez à deux, répartissez le traitement entre les deux bagages cabine.

Les aiguilles et stylos injecteurs sont autorisés en cabine avec justificatif médical ; signalez-les simplement au contrôle.

Les pays stricts : Japon, Émirats, Singapour et les autres

Quelques destinations très prisées des jeunes retraités appliquent des règles nettement plus dures que la France. Les vérifier fait partie de la préparation, au même titre que la checklist complète d'avant grand voyage.

PaysRègle principaleÀ anticiper
Japon1 mois de traitement sur ordonnance sans formalité ; au-delà, certificat « Yunyu Kakunin-sho » obligatoire. Pseudoéphédrine et certains psychotropes interdits ou très encadrés.Demande du certificat au moins 1 mois avant le départ (délai de traitement jusqu'à 4 semaines).
Émirats arabes unisListe de substances contrôlées incluant codéine, tramadol et de nombreux anxiolytiques ; autorisation préalable en ligne pour les médicaments contrôlés.Vérifier chaque molécule sur le site du ministère de la Santé émirien avant de réserver.
SingapourApprobation préalable requise pour opioïdes, benzodiazépines et certains somnifères, même en petites quantités.Formulaire en ligne auprès de la Health Sciences Authority, environ 10 jours ouvrés.
ThaïlandeDéclaration exigée pour certaines catégories de psychotropes ; quantité limitée à 30 jours pour les substances contrôlées.Ordonnance en anglais et lettre du médecin fortement conseillées.

Dans le doute, une seule source fait foi : la fiche pays de France Diplomatie et l'ambassade du pays concerné. Ne partez jamais avec un traitement contenant codéine, tramadol ou benzodiazépines vers ces destinations sans avoir vérifié, même pour trois comprimés.

Insuline et médicaments sensibles à la chaleur

L'insuline illustre bien la marche à suivre pour tous les médicaments thermosensibles (certains collyres, hormones thyroïdiennes liquides, biothérapies) :

  • Réserve non entamée : entre 2 et 8 °C. Utilisez une pochette isotherme rigide avec pains de gel — jamais en contact direct avec la glace, le gel détruit l'insuline.
  • Stylo en cours : environ 4 semaines à température ambiante en dessous de 25-30 °C selon les marques. En climat tropical, une pochette rafraîchissante à évaporation suffit souvent pour la journée.
  • En avion : cabine obligatoire (la soute peut descendre sous 0 °C) ; les pochettes isothermes passent le contrôle sans difficulté avec l'ordonnance.

Sur place, le réfrigérateur du logement fait l'affaire ; en cas de doute sur sa fiabilité (coupures de courant fréquentes), demandez à l'hôtel de stocker votre réserve dans son réfrigérateur de service. Pensez aussi à votre lecteur de glycémie : chaleur et humidité faussent les bandelettes mal conservées.

La trousse type du voyageur de plus de 60 ans

Au-delà du traitement habituel, une trousse raisonnable tient dans une trousse de toilette et couvre 90 % des pépins courants :

  • antalgique (paracétamol) et anti-inflammatoire si votre médecin le valide ;
  • antidiarrhéique, soluté de réhydratation orale et antivomitif ;
  • antihistaminique, crème corticoïde légère, collyre lubrifiant ;
  • pansements, y compris pour ampoules, antiseptique, pince à épiler ;
  • répulsif antimoustiques adapté à la zone et crème solaire indice 50 ;
  • vos ordonnances en DCI, le compte rendu de votre dernier bilan cardiaque si vous en avez un, et la carte listant allergies et traitements.

Faites valider la trousse par votre médecin ou pharmacien avant un long départ : certaines associations sont déconseillées avec les anticoagulants ou les antihypertenseurs. Et vérifiez que votre assurance couvre bien la consultation sur place : c'est l'un des points à contrôler dans un contrat d'assurance voyage après 60 ans.

Trouver un équivalent à l'étranger

Un traitement perdu ou épuisé n'est presque jamais une impasse. La méthode :

  1. Présentez votre ordonnance en DCI à un pharmacien local : la molécule existe sous d'autres marques dans la plupart des pays.
  2. Dans beaucoup de destinations (Espagne, Portugal, Maroc, Thaïlande), le pharmacien peut délivrer directement certains traitements chroniques ; ailleurs (États-Unis, Japon), une consultation locale sera nécessaire pour obtenir une ordonnance valable sur place.
  3. En cas de traitement très spécifique, votre assisteur voyage peut organiser l'envoi ou orienter vers une clinique internationale : c'est une prestation standard des bons contrats.

Attention aux contrefaçons dans certains pays : achetez uniquement en pharmacie officielle, jamais sur les marchés ni en ligne depuis l'étranger. Enfin, notez les dosages différents d'un pays à l'autre : vérifiez toujours la concentration avec le pharmacien, surtout pour les anticoagulants et l'insuline.

Vos questions, nos réponses

Peut-on emporter ses médicaments dans le bagage cabine ?

Oui, et c'est même recommandé pour tout traitement indispensable. Les liquides médicaux dépassant 100 ml sont acceptés au contrôle de sûreté sur présentation d'une ordonnance ou d'un certificat médical au nom du passager. Signalez-les simplement à l'agent avant le passage.

Quelle quantité de médicaments a-t-on le droit d'emporter à l'étranger ?

En règle générale, la quantité correspondant à la durée du séjour, souvent dans la limite de 1 à 3 mois de traitement personnel selon les pays. Au Japon, la limite sans formalité est de 1 mois pour les médicaments sur ordonnance ; au-delà, il faut un certificat d'importation demandé à l'avance.

Faut-il une ordonnance traduite en anglais ?

Hors d'Europe, c'est fortement conseillé. Le plus efficace est une ordonnance rédigée en DCI, avec dosage et posologie, accompagnée si possible d'un certificat médical en anglais. La DCI étant internationale, elle est comprise par les pharmaciens et les douaniers presque partout.

Comment transporter l'insuline en avion ?

Toujours en cabine, jamais en soute où elle risque de geler. Utilisez une pochette isotherme avec pains de gel sans contact direct, et gardez l'ordonnance à portée de main pour le contrôle. Un stylo entamé se conserve environ 4 semaines à température ambiante modérée.

Quels médicaments sont interdits au Japon ?

Les stimulants comme la pseudoéphédrine présente dans certains décongestionnants, ainsi que plusieurs psychotropes et narcotiques, sont interdits ou très encadrés quelle que soit la quantité. Pour un traitement de plus d'un mois, le certificat Yunyu Kakunin-sho est obligatoire. Vérifiez chaque molécule auprès de l'ambassade du Japon avant le départ.

Que faire si je perds mes médicaments en voyage ?

Présentez votre copie d'ordonnance en DCI à une pharmacie officielle : un équivalent local existe dans la plupart des cas, parfois après une consultation sur place. Votre assistance voyage peut aussi localiser le bon établissement, voire organiser un envoi pour les traitements rares.

Sources et références

Les informations de cette page sont données à titre général et vérifiées à la date de mise à jour. Pour toute décision médicale ou d’assurance, parlez-en à votre médecin traitant ou à un conseiller ; pour les formalités, faites foi des sources officielles citées.